Le régime du report d’imposition permet, sous certaines conditions, de différer l’imposition de la plus-value réalisée lorsqu’un dirigeant ou associé apporte ses titres à une société qu’il contrôle.

Ce mécanisme, fréquemment utilisé dans le cadre d’opérations de réorganisation ou de cession d’entreprise, présente toutefois une particularité importante : lorsque les titres apportés sont revendus rapidement par la société bénéficiaire de l’apport, le maintien du report est notamment subordonné au réinvestissement d’une partie du produit de la cession dans des activités économiques éligibles.

Or, les règles viennent de se durcir.

Des conditions de réinvestissement renforcées

La loi de finances pour 2026 a modifié plusieurs paramètres du dispositif. L’administration fiscale a récemment commenté ces évolutions dans une mise à jour de sa doctrine publiée le 10 août 2026.

Pour les cessions de titres apportés intervenant dans les trois ans suivant l’apport, la part minimale du produit de cession devant être réinvestie passe ainsi de 60 % à 70 %.

Le délai laissé pour réaliser ce réinvestissement est en revanche porté de deux à trois ans.

Cette souplesse supplémentaire sur le calendrier ne doit toutefois pas masquer le renforcement global du dispositif. Le choix des investissements éligibles est désormais davantage encadré, avec notamment l’exclusion de certaines activités patrimoniales et immobilières.

Autrement dit, il ne suffit plus de réinvestir : encore faut-il réinvestir dans une activité répondant précisément aux conditions prévues par le dispositif.

Un engagement dans la durée

Autre évolution importante : les actifs acquis dans le cadre du remploi doivent désormais être conservés pendant au moins cinq ans, contre un an auparavant.

Cette nouvelle obligation change sensiblement l’approche des opérations d’apport-cession. Le réinvestissement ne peut plus être envisagé comme une solution de placement à court terme. Il doit désormais s’inscrire dans une stratégie économique et patrimoniale durable.

Ces nouvelles règles s’appliquent aux cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026.

La réforme modifie également les conditions applicables en cas de donation des titres reçus en rémunération de l’apport. Le maintien du report chez le donataire reste possible, mais les obligations de conservation ont également été renforcées.

Une anticipation indispensable

Le dispositif du report d’imposition demeure un outil particulièrement intéressant dans le cadre de certaines opérations de restructuration, de cession ou de réinvestissement.

Mais le renforcement des conditions applicables augmente mécaniquement le risque de remise en cause du report lorsque l’opération n’a pas été suffisamment anticipée.

Une erreur dans la qualification de l’investissement réalisé, un réinvestissement insuffisant ou le non-respect de la durée de conservation peuvent entraîner la taxation immédiate de la plus-value initialement placée en report, avec, le cas échéant, l’application d’intérêts de retard.

Dans ce type d’opération, l’accompagnement et l’anticipation prennent donc une importance particulière. Avant toute cession, il est essentiel de sécuriser la nature des investissements envisagés et de s’assurer que leur horizon de détention est compatible avec les nouvelles exigences du dispositif.

Vous souhaitez cultiver votre réussite ?

Recevez les invitations du club Fidaquitaine, nos actualités, conseils et témoignages pour entrepreneurs avec notre newsletter :)

Je m'abonne !