FIDAQUITAINE

Comment sont nés vos projets de création dans l’ESS ?

Le projet Esope Scarl est né du désir de ses initiateurs, de promouvoir des activités plus respectueuses des spécificités locales, plus en lien avec les territoires dont elles sont issues. Nous sommes partis du constat que bien souvent, les politiques sont décidées sans lien avec les acteurs, avec les vrais porteurs, et que dans des régions comme le Périgord, on va chercher bien loin des compétences alors que l’on est riche d’expertises dans tous les domaines. L’autre face de cette réalité, c’est qu’il faut s’expatrier pour faire valoir ses compétences. Le Périgord regorge d’innovateurs, de techniciens, d’artistes, d’artisans créateurs, et de penseurs qui traduisent leurs paroles en actes.

Certains d’entre nous avaient aussi, par leur travail à l’Agence Culturelle de la Dordogne, une expérience approfondie des collectes de mémoire dans la région, et une conscience aiguë de l’urgence à remobiliser ces connaissances intimes du territoire. La globalisation de notre fonctionnement collectif a lissé nos modes de travail, nos modes de création culturelle, nos modes de transmission aussi, souvent aux dépends de nos spécificités.

Ce sont ces prises de conscience qui sont à l’origine de notre action : peut-être avions nous quelque chose à faire pour que dans cette transition culturelle, sociale et économique, tout le monde soit gagnant. Nous avions l’intention de vivre de nos expertises dans le domaine du patrimoine immatériel et de l’ingénierie de projet, pour apporter du positif dans les territoires mêmes où nous avons grandi, pour y mettre en évidence nos spécificités, pour mettre à profit toute notre expérience.

Pouvez-vous nous indiquer les étapes de votre développement, dans le secteur de l’économie sociale et solidaire ?

En tant qu’association désireuse de créer une activité économique, nous avons bénéficié d’un DLA, Dispositif Local d’Accompagnement, en 2016, qui nous a permis de mieux comprendre comment nous pourrions traduire nos valeurs dans la vie économique. Ainsi, par essence, nous sommes profondément ancrés dans l’Économie Sociale et Solidaire, et cela a tout naturellement conduit à créer une coopérative. Nous sommes donc devenus une entreprise sous forme coopérative au début de 2017, et nous avons documenté le processus dans l’intention d’accompagner plus tard des démarches similaires.

En France, les coopératives, SCOP, SCIC, ont permis de pérenniser des emplois, et ces formes de coopérative nous ont été vivement conseillées. Mais il peut sembler dangereux, de devoir garantir un à deux équivalents temps-plein dès la première année. Il nous fallait une transition plus douce. Nous nous sommes donc tournés vers la forme Coop 47, Coopérative Loi 1947, pionnière de l’histoire des coopératives, qui elle, n’est pas contraignante en matière d’ETP. Nous avons donc vécu pleinement l’aventure du bénévolat en entreprise ! En revanche, fidèle à ses buts historiques, la Coop 47 met tout en œuvre pour assurer la pérennité de l’outil de travail, en reversant une partie des bénéfices aux réserves impartageables. En cela, elle est tout à fait adaptée aux valeurs que nous souhaitions promouvoir : avant d’être un outil financier au service de ses actionnaires, une entreprise existe pour créer de l’activité et faire vivre le territoire. Pour prolonger cet engagement, nous avons choisi un mode de gouvernance fondé avant tout sur le dialogue, et des rémunérations égales pour tous les salariés.

Justement parce que nous avons vécu et documenté les étapes de ces transformations, et parce que nous sommes présents sur le territoire, nous sommes aujourd’hui référencés comme opérateurs du DLA. Nous accompagnons aussi dans leurs projets, des associations, des entrepreneurs et des collectivités locales. Ce qui est très intéressant dans cette démarche, c’est que nous pouvons accompagner des transitions : partir de la genèse d’un projet, animer les débats qui président à sa création, appuyer techniquement son émergence, donner à voir ses réalisations par nos compétences en communication audio-visuelle. Nous intervenons à toutes les phases de la vie d’une action, ce qui nous donne un regard éminemment synthétique.

Tout cela nous permet de dire à quel point le territoire est riche de potentiels : les idées sont là, les énergies existent, il faut les mettre en relation, accompagner ces initiatives, et innover quand le contexte l’exige. Nous avons donc été conduits à promouvoir la création d’un collectif de professionnels du territoire, qui, ensemble, peuvent allier leurs différents domaines d’expertise pour apporter des services de qualité ici, sur place, mais aussi partout en France, toujours en tenant compte des spécificités locales. Par exemple ils peuvent répondre à des appels d’offres. Ce projet est lauréat 2017 de l’AMI Nouvelle Aquitaine, Appel à Manifestation d’Intérêt, au titre de l’innovation sociale. Des dispositifs comme le FSE, Fonds social Européen, Aquitaine Active, nous permettent de mener l’expérimentation jusqu’à son terme. Le collectif Occitánia Creativa en est actuellement à la phase de l’expérimentation pratique, avec par exemple la création d’un pôle audio-visuel capable de réaliser des films documentaires ou de fiction, et d’un pôle tourisme, qui mettra en valeur les professionnels du tourisme en lien avec les filières artisanales du Périgord.

Pourquoi avoir choisi le cabinet Fidaquitaine expertise comptable à Périgueux ?

Pour le volet comptable, nous avons choisi l’agence périgourdine Fidaquitaine : lors d’une création comme celle d’Esope Scarl, il était important de pouvoir compter sur une entreprise implantée localement, qui connaisse le contexte et s’intéresse à l’ESS. Et qui puisse accompagner notre développement : c’est là que la dimension humaine prend toute son importance !

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